Merci à Jean-Louis Chartrain de la page Facebook L’Escale du haïku pour cette excellente critique de mon recueil de haïkus Égarer la lenteur.

Note de lecture par Jean-Louis Chartrain, décembre 2015

Egarer la lenteur
Haïkus, senryûs & brefs
Hélène DUC
Illustrations de Nicolas Reading
éditions unicité. 2015
82 p.
13 €
ISBN 978-2-37355-021-4

sieste au hamac
le vent vient s’endormir
au fond des arbres

reprise du travail
une dernière tomate
continue de bronzer

Imprimé sur un papier ivoire très agréable, le recueil « Égarer la lenteur » propose 112
textes, répartis de façon dynamique, accompagnés par les illustrations de Nicolas
Reading. Les dernières pages présentent l’auteure et l’illustrateur, un apport
intéressant pour les lecteurs.

première flambée
ses tâches de rousseur
plus émouvantes

Sans coller tout à fait à la tradition japonaise du recueil construit suivant les saisons,
Hélène DUC nous propose toutefois un parcours dans lequel celles-cisont perceptibles,
notamment en raison de la présence régulière du kigo :

dernier soir d’été
le vent prend les mesures
de l’épouvantail

début de l’hiver
mes doigts s’attardent
sur la nappe à fleurs

Si quelques textes laissent transparaître les douleurs de la vie,

tâtant de la paume
le côté de la théière
sa joue me manque

l’humour fleurit au coin de certaines pages :

quatorze juillet
la fenêtre à guillotine
libère un nuage

dégivrage en cours
à la place du mort
un chrysanthème

Les textes sont construits avec une césure sensible (qui ne nécessite pas de marquage)
et articulent deux expressions pour former des images simples, fortes ou originales,
preuve de l’œil exercé d’une haïjin avertie…

veille des Rameaux
une coccinelle dérobe
sa teinte à l’aurore

… qui sait orchestrer en L3 de belles chutes :

nuit des Perséides
mon doigt s’attarde sur
la barre ESPACE

On note que les haïkus-senryûs ne sont pas visuellement distingués des tercets
(annoncés comme des « brefs ») : la démarcation semble passer par l’absence du kigo et
une modification du rythme…

embouteillage
suivre le vent
à travers les arbres

… et par l’usage de termes abstraits ou d’associations inhabituelles…

marée montante
j’empaume le silence
d’une autre praire

Dans ce recueil, Hélène DUC nous offre une promenade en poésie et, pour que nous
en profitions, nous invite à « Égarer la lenteur ».

Jean-Louis Chartrain
décembre 2015

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s