[Critique/Recension]« Chat » : Anthologie contemporaine de haïkus

Merci beaucoup à Danièle Duteil pour cette excellente recension de « Chat » : Anthologie contemporaine de haïkus.

COIN LECTURE, en direct depuis mon TGV Paris-Nantes du 12 juin

« Chat » : Anthologie contemporaine de haïkus coordonnée par Py Daniel et illustrée par Pouch François. Éditions Pippa, juin 2018. ISBN : 978-2-37679-014-3. Prix : 15,00 €.

Quoi qu’on en dise, le train a du bon ! Me voilà calée dans mon siège pour une durée de 2h 15 (normalement), juste le temps de savourer comme il se doit « Chatpouchpy » et de griffonner quelques commentaires.
Vous savez quoi ? J’ai commencé par une lecture des illustrations de l’ami Pouch qui décidément n’a pas son pareil pour croquer l’instant en mode humoristique. Cette phase a d’ailleurs débuté hier soir, en compagnie d’Arthur, 6 ans, qui a poussé quelques grands éclats de rire devant les chats amoureux, les voleurs de saucisses, les équilibristes sur les toits de la capitale…
Personnellement, je ne possède pas de chat. Je me contente des deux mistigris du voisinage, qui ont coutume de me gratifier de leurs hommages matinaux. Aucune de leurs mimiques ne m’échappe. Je suis donc, avec le collectif « Chat », en pays de connaissance.
Le recueil s’ouvre sur le chat purement domestique. Il apparaît dans le contexte familial, souvent fidèle compagnon des petits enfants. La gamelle et les jeux sont donc à l’honneur, coups de langue et bouts de ficelle allant bon train : dînette oubliée – /l e chat lape / une tasse de pluie – Virginie Colpart (Ninie Flambhaïku).
Bien sûr, il n’est pas envisageable, pour l’ami à quatre pattes, de se cantonner au cercle mesquin d’un quelconque domicile. Rien de tel qu’une bonne maraude alentours pour taquiner le merle ou flairer des odeurs prometteuses : sardines grillées / tous les chats du voisinage / rappliquent – Michel Duflo.
À moins qu’un irrésistible relent n’impose sur le champ une fouille minutieuse : matin radieux – / mouches et chats se disputent / les poubelles – Sarra Masmoudi.
Mais le chat est aussi un doux rêveur : le chat / à la fenêtre du salon – / nuit de pleine lune – Py Daniel,
un infatigable dormeur : feu de bois – / le chat lui aussi / s’étire – Annie Rozeron,
doublé d’un tendre poète et d’un fin mélomane : ma plume encrée crisse / sur la feuille de papier – / mon chat ouvre un œil – Joëlle Ginoux-Duvivier // comptant mes syllabes / la queue du chat / rythmiquement – Hélène Duc // tap tap tap / la queue du chat / et la pluie – Cristiane Ourliac.
Grand explorateur devant l’Éternel, l’ami à fourrure fait son miel de ses plus imprévisibles trouvailles : nouvelle retraitée / le chat dort / dans son cartable – Jacques Quach // Noël du chat – / cartons / et papiers cadeaux – Daniele Georgelin.
Facétieux, l’animal n’en respecte pas moins ses devoirs élémentaires envers sa progéniture : les yeux si doux / de la chatte allaitant / ses quintuplés – Sarra Masmoudi.
À qui sait pénétrer son regard, s’ouvre soudain un univers insoupçonné : un monde dans ses yeux / le chat / agrandit la maison – Philippe Macé // chatte grise – / toute la mer / dans les pupilles – Marlene Alexa.
On n’aurait encore rien dit du personnage si l’on omettait d’évoquer ses amours et ses escapades nocturnes : lune de givre – / à la recherche d’une partenaire / le chat de gouttière – Minh-Triết Phạm // il n’est pas rentré – / c’est la vieille armoire / qui miaule – Jacques Quach.

J’aurais pu citer encore beaucoup d’autres haïkus relatant les aventures de Minet, mais chut !

Je referme « Chat », rêvassant vaguement, un goût de trop peu sur la langue. D’ailleurs, il me reste encore du temps pour lire et relire. D’autant que le haut-parleur beugle une annonce inquiétante…

arrêt en pleine voie
les voyageurs miaulent
de lassitude

DD

Publicités

[Chronique de blog] Critique de l’anthologie La chasse volante, volume 1 par la blogueuse Ysaline Fearfaol

Merci à Ysaline Fearfaol du blog http://fearfaolysaline.canalblog.com pour cette bonne critique de l’anthologie La Chasse Volante, volume 1 où j’ai l’honneur de voir ma nouvelle Hellequinade ouvrir le sommaire 😉

[Chronique/Recension] Secrets de femmes lu par Serge Tomé

Très honorée et touchée de cette belle recension de l’anthologie Secrets de femmes,
Collectif sous la direction de Danièle Duteil, par Monsieur Serge Tomé, célébre créateur et administrateur de l’excellent site tempslibres.org, consacré au haïku et à sa pratique internationale.

Son avis :

Voici un recueil riche. C’est un collectif d’écritures de femmes sous la direction de Danièle Duteil. En l’ouvrant, on entre dans le monde des femmes; et c’est toujours une découverte pour moi. Sans verser dans les propos caricaturaux sur les différences, j’ai toujours considéré que les femmes avaient une vue autre sur le monde. Une vue que je trouve souvent plus profonde, plus réelle.
Le recueil de haïkus se présente comme un ensemble de tout petits fragments de vie; de perceptions du monde, d’instants intimes.
Il permet de découvrir l’autre face de la sensualité, celle que nous les hommes, ne pouvons que deviner. Le discours est souvent intime et profond.
La plupart des thèmes de la vie sont abordés, avec sensibilité, mais parfois gravité et dureté. Un thème revient souvent, celui de la solitude. La solitude dans toutes ses dimensions.
J’ai vraiment aimé ce recueil. Pour la qualité des haïkus (très grande), pour la délicatesse, mais aussi la franchise des écritures. Un beau travail !

J’ai particulièrement aimé :

La vie de femme

ostéoporose
plus la force de le briser
ce « plafond de verre »

Hélène Duc

[Recension] Jolie critique de L’Instant Fugace 2 par le blog Les Belles Phrases

instant fugace 2

L’INSTANT FUGACE 2

Collectif

Jacques Flament Editions

En musique on parlerait d’une compile à laquelle ont participé divers interprètes mais, en l’occurrence, il s’agit de littérature, c’est donc un recueil que Jacques Flament a eu la bonne idée de produire en rameutant quatre-vingts auteurs gravitant autour de sa maison d’édition. Au cours de ma lecture, j’ai ainsi rencontré des amis que je connais depuis un bon bout de temps maintenant, comme Éric Allard qui a l’honneur d’introduire ce recueil avec son complice Denys-Louis Colaux, des gens que je connais un peu, des gens que j’ai déjà lus ailleurs, et beaucoup d’auteurs dont je n’avais même jamais entendu parler. Jacques Flament ne leur a imposé qu’une seule contrainte, celle de la longueur : une demi page par texte sachant que certains ont eu droit à deux ou trois contributions.

Apparemment, il leur a laissé la liberté du sujet, leur demandant simplement, comme il l’a écrit sur la quatrième de couverture de saisir l’instant fugace où l’inspiration submerge l’auteur, où la muse se fait trop pressante pour ne pas céder à son insistance.

« L’instant fugace, c’est l’urgence qui s’impose en quelques phrases, l’évidence du texte fugitif qui éclaire, questionne, étonne, déconcerte ».

Chacun a donc choisi son thème, son message, son image, sa réflexion… et étonnement, même s’il existe une grande diversité entre tous les textes proposés, certaines constances apparaissent comme un fil rouge qui relierait les muses de tous ces auteurs. Comme la fille qui « a coincé le billet le long de sa cuisse, entre la fatigue et la misère », bon nombre de textes évoluent entre cette misère et le désespoir, entre la fatigue et la tristesse, entre la solitude et la peur et entre la vieillesse et la mort qu’elle annonce. Il reste tout de même une place pour l’ironie, la fantaisie, le surréalisme voire le burlesque…

De même si chacun a son style, Terpsichore n’est jamais bien loin, soufflant l’inspiration du poète au creux des oreilles des auteurs pour donner la couleur, comme disent les musiciens, à ce recueil, une couleur agrémentée de jolies images, « Il fait nuit sur la ville. Il fait peur dans mon cœur », de formules de style bienvenue, « Partage de l’argenterie et des vieux griefs » et des raccourcis saisissants, « Le lendemain, il prit le train et descendit entre deux stations ».

Mais ce que je retiendrai avant tout, c’est que ces auteurs, et leur éditeur, sont des amoureux des mots comme l’a si bien écrit l’un d’eux à qui je laisserai ma conclusion :

« Ah tes mots ! Ils restent coincés dans ta bouche, tes mots. Tu les mastiques, tu les mâches, tu les mâchonnes et tu les mâchouilles … Tes mots, on dirait des oisillons cramponnés aux brindilles de toi qui n’osent pas sortir du nid douillet de ta pensée ».

Le livre sur le site des Editions Jacques Flament

L’INSTANT FUGACE 1

Lien de l’article

http://lesbellesphrases.skynetblogs.be/archive/2018/03/25/2018-lectures-printanieres-court-tout-court-8813866.html

[Critiques/Recensions] « Sur les traces de Lovecraft » Volume 1

Sur les traces de Lovecraft

Pour l’acheter : Editions : Nestiveqnen – 408 pages 

L’anthologie « Sur les traces de Lovecraft » fait beaucoup parler d’elle (et plutôt en bien) : voici la liste des recensions disponibles ;

Volume 1 :

– http://lemontdesreves.fr/sur-les-traces-de-lovecraft-volume-1-pari-reussi/

– https://www.facebook.com/tepthida.hay/posts/443776262718656

– https://lebibliothecaire.blogspot.fr/2017/12/

– https://aupaysdescavetrolls.wordpress.com/2018/01/24/sur-les-traces-de-lovecraft-vol-1/

Sur les 2 volumes :

– http://wagoo.free.fr/spip.php?article2696

Je vous souhaite une excellente lecture,

[Chronique de blog] Excellente critique de l’anthologie Naufrages & épaves aux éditions des EMBRUNS

image.html

C’est un petit bijou inclassable, loin très loin des livres ordinaires, on s’attend à des récits sur les fortunes de mer sous une forme habituelle et là ô surprise, on se retrouve plongé dans des univers oniriques et enchanteurs, écrit de manière collégiale et c’est magistral…

Ce livre est un ode à la mer et aux hommes marins, c’est un chemin de lumière, un phare littéraire interplanétaire, ce sont des mots parmi les plus beaux qui soient tant la finesse des écritures ressemblent à de la dentelle en forme d’échelle de pilotes portuaires…

Une citation de Chateaubriand donne le ton dès l’ouverture « La poésie c’est le chant intérieur »… et là les auteurs sont de véritables choristes, des bons faiseurs de mots, des pêcheurs à la ligne, des capteurs d’instants, des gardiens veilleurs bienveillants des océans…

Ce livre est captivant, étonnant, c’est une approche des choses de la mer toute en finesse et délicatesse, c’est une addition de sensations singulières…et la couverture s’ancre dans la tradition des écrivains d’un grand siècle où tout était à découvrir…

Ne vous privez pas du plaisir de le lire, car vous allez naviguer dans une odyssée mémorable…

Un petit ouvrage cadeau à réserver sur la liste du père Noël de manière prioritaire…

Naufrages & épaves – chant choral écrit en collectif est pulié aux éditions des EMBRUNS

Lien de l’article :

http://www.fleuves-et-canaux.net/index.php?option=com_content&view=article&id=6752:article-reserve-bib-3-novembre-01-h-10&catid=3:bibliographie&Itemid=18

 

[Chronique de blog] Excellente critique de l’anthologie « Les yeux du tueur » par Miss Croco

couv-tueur-700

Auteur(e)s : Hélène Duc, Andréa Pandolfi, Jean Bury, Annabelle Blangier, K. Sangil et Jean-Marc Sire

Édition : L’Ivre Book

Sortie : 6 Mai 2017

ISBN : 978-2-36892-461-7 / 3,99 € (Coll. Enigma)

Résumé :

Tueurs en série, femmes fatales et petits diables sanguinaires, voilà ce que vous propose, entre autres, l’anthologie Les yeux du tueur.

Six textes noirs triés sur le volet par Yves-Daniel Crouzet, pour vous faire frémir et vous rappeler que le mal est partout. Surtout où on l’attend le moins !

Une très sympathique critique de l’anthologie policière Les yeux du tueur coordonnée par Yves-Daniel Crouzet (et où figure ma nouvelle noire Passage à l’acte) qui récolte un beau 18/20.

Merci à Miss Croco et Indécise Book.

Avis #MissCroco

Quand j’ai commencé ce livre, je pensais me replonger dans mon style de livre favori, le polar !! Vous voyez style Agatha Christie ou Granger !!! Mais pas du tout, du tout…

J’ai découvert ici un nouveau, pour moi, genre de livre. Ces histoires ont un point commun l’horreur. Mais pas le gore, l’horreur psychologique !

Ce qui est fascinant dans ces histoires c’est que l’on découvre comment, même le plus « normal » des êtres humains peut tomber dans le meurtre et avec préméditation !!!!!!

En plus ce qui est génial c’est que l’on ne sait jamais comment les choses vont tourner ni pour qui le destin sera modifié à tout jamais !!!!

Depuis quelque temps déjà, je ne lis presque que de la romance mais là, avec ce livre, j’ai renoué avec mes premières amoures !

Le suspens, le mystère, la folie humaine, le cheminement psychologique, l’attachement aux personnages, tout y est !!!! Ici on ressent la peur, la colère, la compassion, la douleur mais aussi l’énergie, la passion, l’amour même que dégagent tous les personnages de ces écrits !!! On comprend même pourquoi « le tueur » de chaque histoire fait ce qu’il fait.

J’ai vraiment aimé lire ce livre et je remercie tous ces auteurs pour leur plume et leur imaginaire…un peu tordu !!!!

Note : 18/20

Disponible chez L’ivre-BookFNACImmatérielActuSFAmazonGoogle Playe-Leclerc – Cultura – BookeenKoboNolim Carrefour – Archambault – Chapitre.com – Decitre – etc.

 

[Chronique de blog] Bonne critique de l’anthologie « La Saint-Valentin ? Pas pour moi ! » par Emy Lie

16143756_10155043918506654_7142278278950015292_o

La Saint Valentin? Pas pour moi !

Recueil de 4 auteures: Audrey Calviac, Hélène Duc Stéphanie JL et Steff S

Pour l’acheter, c’est par ici : Amazon

Prix : 3€99

Note 4/5

Résumé :

Nos héros sont allergiques à cette fête….

Mais entre une mystérieuse allergie le soir de la Saint Valentin, un mariage ce même jour où les mariés forment un couple parmi les invités célibataires, pour la soirée. Mais encore une personne qui s’acharne à vous faire aimer la Saint-Valentin ou les démons du passé qui vont vous entraîner dans des souvenirs autres que roses …

Laquelle préférerez-vous ?

Emy Lie a été conquise par la lecture de l’anthologie La Saint-Valentin ? Pas pour moi ! parue dans la collection Vénus chez Evidence Editions où je suis entourée d’Audrey Calviac, Steff. S et de Jean-Louis Stéphanie et, elle le fait savoir en termes élogieux.

Morceaux choisis de la chronique :

J’ai été très surprise par les textes, l’histoire et le contexte. 4 auteures que je ne connais pas et que je tiens à féliciter, car elles ont toutes une plume très belle et très fluide. C’est dans ce genre de livre, que j’aime me plonger afin de découvrir les nouveaux auteurs inconnus à mes yeux. Cela me permet de voir si je pourrais adhérer à leur plume et c’est un sans faute, ici.

Nous découvrons QUATRE histoires très prenantes, où les actrices ont toute une sainte horreur de ce fameux 14 février, dites, la fête des amoureux.

Félicitations à vous toutes, vous m’avez conquise!

Un merci particulier à Emy Lie pour son ressenti enthousiaste sur ma nouvelle Mister Tagada 😉 Je cite :

J’ai bien ri avec la seconde, Mister Tagada. Le pauvre homme ! être allergique à la Saint-Valentin ? Qui aurait pu croire que cela aurait pu arriver ? Enfin, la fin finit bien, mais qu’en est-il quand elle lui annonce son secret ? J’aurai bien aimé une suite.

Lien de la chronique :
https://emylieauteur.wixsite.com/monsite/single-post/2017/10/13/La-saint-valentin-Pas-pour-moi

[Critique web] Une chronique de l’anthologie « Les OGM et après… » sur le site des Vagabonds du Rêve

ogm

Une critique élogieuse de l’anthologie Arkuiris « Les OGM et après… » sur le site des Vagabonds du Rêve. Merci à eux.

 

La critique de Dounia Charaf :

Yann Quero a réuni ici des textes autour de l’idée des OGM et de leur influence sur la nature et l’humanité, thématique qui a inspiré aux nouvellistes des univers tristes où ils ont anticipé des transformations qui nous dépassent et nous annihilent.
Ces textes, mis à part deux qui tranchent par leur humour, même quand ils sont parodiques comme les balibis de Vyl Vortex dans Le Plus mignon, sont porteurs d’une même morale : manipuler le vivant nous mène à notre perte. Ils illustrent moins la réalité à venir, que nous avons du mal à imaginer en dehors de notre société actuelle vénale et transgressive, que l’angoisse que nous portons à vivre dans un univers en rapide transformation.
Le seul texte réellement optimiste, et finalement différent sur le sujet est d’un auteur canadien, qui nous apporte un éclairage nouveau et extérieur. Il s’agit de Dans les dents de l’ours abstrus de Jean-Louis Trudel, où à travers enquête policière et course poursuite entre le Groenland encore frais et la France au climat devenu tropical, des écologistes activistes tentent de sauver la planète en réutilisant les gènes d’animaux préhistoriques.
La thématique de l’enfance parcourt le recueil : Le Plus mignon (Vyl Vortex), Un Seul dalmatien de Vivien Esnault, mais aussi, la fable mélancolique de Yann Quero, La Vallée des hommes fleurs où les fleurs OGM transforment le vivant à travers les enfants, jusqu’à l’extrême et monstrueuse manipulation de l’enfant oiseau dans Jack de Julien Brethiot.
Les dieux machines ou « humains » interviennent aussi pour recréer l’univers à leur convenance ou à l’image édénique inscrite dans leurs fichiers d’IA, ainsi l’intelligence artificielle qui tâtonne pour recréer l’humanité après des années de manipulations : Anthony Boulanger avec Chimaera Incorporation et Stéphane Dovert avec Les Ignames de l’Éden. Cette nature reconstituée est surveillée par des animaux machines dans Tout dans la nature nous émeut, de Jean-Yves Carlen, une nature au cordeau et devenue artificielle.
Hélène Duc dans Mise au vert, nous narre la courte escapade d’une plante étrange dont on ne sait ce qu’elle est réellement, puisqu’elle parvient à subjuguer mentalement les humains dont elle se sert pour tenter de rejoindre les forêts et ses semblables, un texte à la fois ténébreux et drôle.

Deux dernières nouvelles dans ce florilège, deux textes drôles aussi, Un Cadeau pour Rebecca de Jean-Marc Sire et Gasconnade de Sylvain Lamur où l’on découvre de délirantes mises en scène de plantes animées, au premier sens du terme, avec une lointaine et burlesque évocation du monde imbibé de magie des temps passés. Dans le premier, une plante aux gênes modifiés pour la rendre animée comme un animal de compagnie, sème le désordre dans une Mars habitée par des pionniers vivant dans un monde qui tient des western de Lucky Lucke et des Chroniques martiennes. Gasconnade nous replonge, lui, dans un univers qui pourrait être celui des contes traditionnels, où une magie, ici venue de manipulations scientifiques et de celle du terroir, redonne à la nature ses esprits et ses farfadets en se jouant des économistes chinois ! Ici les OGM, bousculant les humains, s’incrustent dans leur environnement, environnement déjà largement transformé.

Éditions Arkuiris
Anthologie coordonnée par Yann Quero
Pages : 328 – Prix : 18 €
ISBN : 978-2-919090-09-9

[Critique/Recension] Naufrages & épaves – chant choral aux éditions des Embruns

Premier retour très enthousiaste sur le recueil Naufrages & épaves – chant choral paru récemment aux éditions des embruns.

image.html

Merci au blog Livraisons littéraires pour cette excellente critique que je vous livre ci-dessous :

C’est grâce au site SimPlement que j’ai découvert ce livre. Je remercie d’ailleurs les éditions des embruns  pour l’envoi ! La première chose que j’ai pensé en ouvrant mon enveloppe, c’est « wouah« . L’objet-livre est juste magnifique ! Le graphisme de la couverture rappelle les anciens livres de Jules Verne et la texture est un peu rugueuse au contact. Quand on feuillette l’ouvrage, on se rend compte de la diversité des productions proposées – des textes, des photos, des dessins – et ça donne très envie de se plonger dedans !

Ce livre est la première publication de cette maison d’édition qui met la mer en avant dans sa ligne éditoriale. C’est pour moi une réussite totale ! Le sous-titre est « chant choral » et je trouve que cela colle particulièrement bien à l’ouvrage : différents auteurs et artistes se sont regroupés et présentent leur vision de naufrages et épaves, vues réunies qui donnent un tout très cohérent et harmonieux.

Après un mot de l’éditeur, des remerciements et une petite biographie des auteurs, le livre commence. Il se divise en six parties, qui sont six facettes des naufrages et des épaves à explorer : « destins de marins », « les naufragés », « épaves, temples et mausolées », « métamorphoses et créatures », « au risque de l’enfance » et « mémorial et prière ». Chacune comporte à la fois du texte – nouvelles et poèmes- et des illustrations – photos et dessins.

Il est difficile de parler de ce livre, car les auteurs sont très nombreux et leur contribution variée. J’ai cependant trouvé tous les textes agréables à lire. Le fil rouge qui les unit est la mer et ses victimes, humaines et matérielles. On retrouve dans tous les écrits cette passion insolente pour la mer qui pousse des hommes et des femmes à monter sur un bateau et à prendre le large, malgré les risques encourus. Des récits de vie, mais aussi de mort. Des textes pleins de poésie, de sentiments et souvent de malheur.

S’il fallait en choisir une, ma préférence irait à la nouvelle « Le vieil homme et l’amère » de Amria Jeanneret, qui raconte l’histoire d’un vieil homme seul qui décide de prendre le large, de retrouver la sirène qui a causé l’anéantissement de sa famille et de se venger. Un beau récit qui montre à la fois les victimes de la grande bleue et une créature mythique fascinante.

Les illustrations sont de très bonne qualité et en couleurs. Il y a des images de tempêtes, de naufrages, d’animaux marins, d’épaves sous l’eau, mais aussi des dessins et gravures anciennes. Une belle diversité d’illustrations qui sont associées au texte qui les accompagne. J’ai cependant parfois regretté qu’elles soient en petit ou moyen format et non en pleine page.

« Doucement, j’ai laissé s’échapper l’air de mes poumons, et tout en regardant l’épave du voilier se disloquer au-dessus de moi, j’ai laissé l’eau m’envahir…
Puis je me suis laissé tomber vers les grands fonds…

Une formidable légèreté s’emparait de moi au fur et à mesure que je glissais dans les abysses. A un point tel, que j’en oubliais que je devais être mort. Que je ne respirais plus. Que je n’entendais plus battre mon cœur, ne ressentais aucune douleur. »

« Au-delà de la mer, il y a eu cette histoire. L’histoire de ce jeune homme qui avait mon âge et le cœur plein de rêves. Il a chassé mes doutes et mes peurs à travers ses mots, à travers le temps. La guerre me paraît loin maintenant. Elle ne peut plus m’atteindre dans cet autre temps où ce naufragé inconnu m’a propulsée. Je regarde l’horizon et maintenant je vois le voyage, le soleil, l’espoir et ces corps de noyés qui dansent pour toujours sous le roulis des vagues, au creux d’épaves remplies de trésors. »

Un très beau recueil sur le thème des naufrages et des épaves. L’objet-livre est magnifique. La mer et ses aléas sont présentés de manière originale, mélange de textes et d’illustrations dépeignant la vie et la mort sur un bateau. Des textes profonds, variés, baignés d’une certaine poésie. Un très bel ouvrage que je recommande

Lien de l’article : https://livraisonslitteraires.wordpress.com/2017/09/05/naufrages-epaves-chant-choral/